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Monsieur Eric ZEMMOUR, cessez de vous dire un juif berbère d’Algérie

Même si vous avez des raisons convaincantes de rejeter votre lien de parenté avec les familles ZEMMOUR, originaires d’Algérie de la région de Constantine et ses environs, qui se sont fait connaître en France dans des domaines moins prestigieux (a), vous ne pouvez pas prétendre être d’origine berbère d’Algérie, car :

Les immigrés juifs installés en Algérie, l’antique Numidie, étaient venus dans la région (comme dans d’autres pays) à la suite de la destruction des temples de Jérusalem. Ils venaient aussi de l’Espagne, expulsés par le roi wisigoth SISEBUT au début du VIIe siècle, lors de la Reconquista espagnole au XVe siècle, et enfin, ils arrivaient plus tard, avec l’occupation française.

Il n’y avait pas de juifs berbères en Algérie ni de Berbères convertis au judaïsme. La religion juive était réservée aux migrants juifs eux-mêmes, mais il n’y a pas eu de conversion de Berbères, car le rigide judaïsme rabbinique était hostile au prosélytisme. En effet, c’était la mère exclusivement juive qui transmettait le statut de juif, mais elle ne pouvait épouser, selon la Torah, que des juifs, à l’exclusion de toute autre ethnie. (b)

Cette restriction faisait que la communauté juive de l’époque, comme celle implantée à Djerba en Tunisie, dans la vallée du Mzab en Algérie, dans le mont Néfoussa en Libye et dans l’antique Volubilis au Maroc, demeurait une ethnie homogène sans apport d’étrangers en son sein, bien qu’elle adoptât les modes de vie et de langues des autochtones berbères.

Par conséquent, affirmer que vous êtes d’origine berbère ou qu’il y avait des Berbères de confession juive en Algérie est une pure invention. Par ailleurs, avant et pendant la période romaine, les Berbères comme les Romains étaient tous deux polythéistes, ils croyaient en plusieurs dieux. C’est seulement sous l’empereur Constantin 1er, au début du 4e siècle après J.C, que le christianisme devint une religion officielle de l’empire.

Contrairement au christianisme d’où est d’ailleurs sorti un éminent homme d’Église, Saint Augustin, un berbère originaire de la ville actuelle de Souk-Arras en Algérie, il n’y avait pas de « Rabbi Jacob » pour convertir le berbère au judaïsme, d’autant que seul le prosélytisme chrétien était autorisé à l’exclusion de toute autre religion.

À la décadence progressive des Romains en Algérie, le retour aux cultes berbères et l’abandon des pratiques religieuses des quelques convertis au christianisme vont être favorisés par la persécution des vandales dès le Ve siècle après J.C, contre le christianisme et le judaïsme ; les vandales détruisirent les lieux de culte, et décimèrent pratiquement les cadres religieux en les passant par le glaive, y compris les prêtres de second niveau. Après les vandales, c’est au tour des Byzantins de s’attaquer aux religions monothéistes suscitées par des querelles doctrinales.

À mon avis, vous devriez bien préciser que vos ancêtres ont émigré dans l’antique et actuelle Algérie, que les autochtones berbères vous ont accueillie en leur sein, vous ont permis de pratiquer votre religion sans contrainte, confié parfois des fonctions régaliennes dans leurs institutions, moyennant ce que vous désignez comme l’horrible statut de Dilmi (c)

Vous pouvez effectivement être fier d’être devenu Français grâce au décret ségrégationniste CREMIEUX de 1872 qui accorda la nationalité française en Algérie à tous les juifs présents sur le territoire au détriment des autochtones algériens, un privilège qui n’a pas profité à tous les « non gaulois de souche » (d) comme vous aimez bien le préciser.

  • La famille ZEMMOUR d’origine juive d’Algérie, avait ses racines principalement dans la région de Constantine et ses environs, un centre important de la communauté juive. Le père d’Eric ZEMMOUR est né à Tébessa, une ville à environ 200 kilomètres des environs de Constantine ou il a vécu avant son départ pour la France. Cette région est également celle d’origine des frères ZEMMOUR, qui se sont illustrés dans le banditisme à Marseille et à Paris, comme le relate Wikipédia. Outre l’origine géographique de ce département algérien que la famille ZEMMOUR partage, malgré l’affirmation des Algériens de cette région selon laquelle les frères ZEMOUR, qui se sont illustrés dans le banditisme en France, sont les cousins du père de Éric ZEMMOUR, rien ne le prouve formellement. De plus, même si cela se vérifiait, les frères et cousins d’une même famille ne suivent pas nécessairement la même destinée.
  • Source : Extrait du livre « Berbères et Arabes, l’histoire controversée » par Med Kamel YAHIAOUI
  • Le statut de « dilmi » était un impôt payé par les étrangers dans les royaumes musulmans, tout comme les ressortissants étrangers le font en France aujourd’hui. Il leur garantissait également la sécurité des biens et des personnes.
  • À propos de gaulois, mon grand-père, qui a été à l’école en Algérie du temps de la colonisation, me racontait : un jour à l’école, dans un cours d’histoire, l’instituteur nous apprenait que nos ancêtres étaient « les Gaulois » alors qu’à la maison, mes parents me disaient que j’étais un berbère de Numidie (Algérie actuelle). Dans le cours, l’instituteur nous apprenait également, avec une pointe d’ironie, que les Gaulois étaient des « rois fainéants » (fait néant) nous disait-il. Ma naïveté de gamin m’a fait lever le bras et lui dire « Monsieur, je ne veux pas être gaulois, s’ils sont des fainéants

Edito : Massine TACIR, Ecrivain Essayiste

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Les OQTF, le nouveau mot magique qui rapporte gros en politique

Comme les thèmes politiquement payants du voile, la burqa, la laïcité, l’immigration, l’islam et l’antisémitisme, ce nouveau thème est en passe de surclasser tous ceux qui l’ont précédé. D’ailleurs n’est-il pas plus facile de l’évoquer, voire le justifier par un simple tour de passe-passe fallacieux, pour faire monter la mayonnaise parmi un population qui peine à retrouver sa cohésion nationale et son paisible train de vie.

Le terme «  OQTF  » est devenu aussi spéculatif qu’une valeur boursière. Ainsi, les OQTF des pays européens en dehors de l’UE, celles de tout autre continent, ne sont pas aussi rentables que les OQTF du Maghreb.

Et, à l’intérieur même de ce foutu Maghreb, il y a un pays qui rapporte bien plus que ses voisins, l’évocation de son simple nom est en soi un jackpot politico-médiatique ; vous l’avez certainement deviné, c’est celui de l’ALGÉRIE, la bombe médiatique en France.

Sans revenir sur les subtiles mises en scène depuis la fin juillet 2024 à propos de l’Algérie, les déclarations des plus hautes autorités françaises, qui semblent crédibles, d’une Algérie qui «  humilie  » la cinquième puissance du monde et qui se «  déshonore  » par la même, lesquelles déclarations sont reprises, enrichies et amplifiées par une extrême droite et une droite à l’affut.

Traditionnellement, les « coups fourrés » sont l’apanage des services secrets, sauf que pour l’Algérie et ses OQTF, c’est les politiciens eux-mêmes qui accaparent de cette mission :

En premier lieu, c’est le ministre de l’Intérieur qui, tambour battant, expulse manu militari un prétendu dangereux influenceur algérien, Dboualem, qui est en situation régulière en France depuis plus de 15 ans, mari d’une Française et père de deux enfants français.

Mais ce n’est pas la question. Notre subtil ministre souligne, en y insistant, que le prétendu délinquant possédait un passeport biométrique algérien en règle et que l’Algérie l’a renvoyé simplement pour «  humilier la France  », dit-il. Après coup, il s’est avéré que les autorités algériennes étaient en droit de renvoyer à l’expéditeur ce ressortissant sur le fondement légal que cette expulsion était arbitraire ; le pire pour Mr Retailleau c’est que cela a été confirmé par la justice française, faisant grief à ce ministre d’avoir évoqué un motif inapproprié d’expulsion, Dieu merci, la justice veille.

Ensuite, monsieur Éric Ciotti, député de la première circonscription des Alpes-Maritimes, a profité de cette occasion pour commenter un autre cas similaire. Eric Ciotti, un homme politique d’obédience UMP, puis LR, maintenant à l’extrême droite avec l’Union des Droites pour la République, a saisi l’occasion de critiquer l’expulsion d’un individu d’origine algérienne ayant fait l’objet d’une mesure de renvoi vers son pays d’origine après son arrestation pour des violences intrafamiliales. Il a été renvoyé par l’Algérie, car la France n’avait pas respecté les procédures légales, il ne disposait pas « du laisser-passer consulaire avec passeport », lui permettant d’être accueilli dans son pays d’origine

Les autorités françaises, tout comme M. Ciotti et monsieur le ministre de l’Intérieur précédemment, semblent avoir ignoré les conventions bilatérales et le droit français en la matière.

Voyant voir, particulièrement, ce terme OQTF, qui ne cesse de titiller les oreilles de nos concitoyens grâce au tapage médiatique qui en est fait :

Je ne cite que les OQTF concernant l’Algérie, puisque c’est d’elle qu’il s’agit :

Saviez-vous que l’affirmation selon laquelle l’Algérie «  refuse d’appliquer ses OQTF  » n’est pas tout à fait exacte  ? En réalité, selon le rapport du ministère de l’Immigration de France publié le 4 février 2025, 2999 OQTF algériens ont été exécutées en 2024, soit une augmentation de 17 % par rapport aux 2562 OQTF algériens exécutées en 2023.

Les chiffres officiels contredisent les affirmations tapageuses des opposants. Il est donc clair qu’il s’agit d’une supercherie concernant les deux OQTF refoulés par l’Algérie, dont les raisons, faut-il le souligner, sont dues au non-respect des conventions franco-françaises sur l’expulsion des OQTF et à la non-conformité juridique du droit français quant à leur expulsion.

Même si, comme on dit, «  En politique, tous les coups sont permis  », il est évident que la spécificité de l’Algérie sur la scène politique française est suffisamment lucrative pour qu’on lui asséne des coups, peu importe leur raison. De plus, on doit l’accabler pour son péché originel, qui a été de repousser la colonisation française hors du pays, et de servir d’exemple aux autres pays.

Edito : Massine TACIR, Ecrivain, Essayiste

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Le mythe algérien de la rente pétrolière :

a) Part des hydrocarbures dans les subventions sociales :

Le système de subventions en Algérie repose sur deux piliers. D’une part, les « transferts sociaux » qui permettent à tous les Algériens de bénéficier d’une éducation et de soins gratuits, ainsi que de logements extrêmement bon marché. D’autre part, des subventions aux produits et services de base, tels que le pain, la semoule, le sucre, l’huile, l’eau, l’électricité, le gaz et les transports. En 2021, le total des subventions directes et indirectes a atteint environ 5.131 milliards de DA, soit l’équivalent de 23% du PIB.

Sur la base d’un PIB de 187 milliards $ en 2021, ces subventions représentent 43 milliards $

Les ventes de pétrole et gaz de l’Algérie en 2021 étaient de 35.4 milliards $ (chiffres d’affaires sans déduction des charges de l’entreprise Sonatrach).

Si l’on compare ces chiffres à ceux des années 2022 et 2023, à critères identiques :

Le Pib de 2022 était de 226 milliards $ et les subventions à 55 milliards

Les ventes du pétrole et de gaz de l’Algérie en 2022 étaient de 68,4 milliards $ (montant brut sans déduction des charges de l’entreprise Sonatrach)

Le PIB de 2023 était de 240 milliards $ et les subventions à 52 milliards $

Les ventes du pétrole et de gaz sont de 50 milliards $ (montant brut sans déduction des charges de l’entreprise Sonatrach)

Les ratios l’indice de développement humain et l’indice de pauvreté de la Banque mondiale confirment l’impact de la politique de répartition des richesses d’hydrocarbures en Algérie, sur le plan social :

  1. Indice de développement Humain

Algérie            Maroc             Tunisie            Egypte                           0,745(1er)        0,698(4e)         73,2 (2e)          0,728(3e) Taux

93ème               120e                101e                105e Classement

2) Indice de pauvreté :

1,4%                3,9%               16,6%              29,7% %

b) Part des hydrocarbures dans le PIB algérien

On confond trop souvent les recettes en devises étrangères et la part des hydrocarbures dans le PIB national qui ont représenté en moyenne 96 à 97% des recettes en devises, avec une inflexion notable depuis 2020 ramenant ce taux à 90%.

Si l’on recalcule les PIB sans les produits du pétrole et du gaz, nous obtenons :

Année 2021 : 187 milliards $ — 35,4 milliards $ = 151,6 milliards (hors hydrocarbures)

Année 2022 : 226 milliards $ — 68,4 milliards $ = 157,6 milliards $ (hors hydrocarbures)

Année 2023 : 240 milliards $ — 52    milliards $ = 188 milliards (hors hydrocarbures)

En comparant le PIB algérien sans ressources pétrolières avec celui des deux pays voisins :

Année             DZ (normal)  DZ (sans pétrole)  Maroc      Tunisie

2021                187 Mds $       151,6 Mds $    141,8 Mds$ 46,81 Mds$

2022                226 Mds $       157,6 Mds $   130,9 Mds$   44,58 Mds$

2023                240 Mds $       188    Mds $      141,1 Mds$   48,59 Mds$

Le PIB algérien reste nettement supérieur à celui de ses voisins, particulièrement par rapport au Maroc qui dispose d’une démographie approchante.

Le tort de l’Algérie est d’avoir misé presque exclusivement sur les recettes en devises des hydrocarbures au lieu de diversifier son économie pour exporter d’autres produits que les produits énergétiques.

Cette lacune semble être comprise par le gouvernement du président Abdelmajid Teboune, qui a activé, dès la fin de la pénible période de Covid en 2020, la création de sociétés privées et publiques en collaboration avec ou sans des entreprises étrangères. L’objectif est de satisfaire les besoins de la demande intérieure pour réduire les importations et permettre d’exporter les surplus des produits algériens autres que les hydrocarbures et leurs dérivés.

Face à la nécessité de redynamiser la croissance économique du pays, l’Algérie a voté la loi de finances 2020 pour abandonner « la règle du 51/49 » pour les investissements étrangers dans les secteurs non stratégiques en maintenant l’obligation du transfert de technologie, leitmotiv de l’Algérie pour tous les investissements étrangers en Algérie.

De même, l’Algérie a encouragé les investisseurs privés algériens en leur accordant des facilités financières et des terrains gratuits pour leur implantation. L’un des secteurs les plus convoités est celui de l’agroalimentaire dans le Sahara algérien, qui devient de plus en plus vert grâce aux infrastructures d’arrosage et aux systèmes de goutte-à-goutte mis au point par les opérateurs algériens.                 

c) Les réserves de change issues des hydrocarbures :

Sous la contrainte du FMI et de la Banque mondiale, l’Algérie a été forcée, durant les années 80, de céder ses entreprises publiques et de diminuer les effectifs de son personnel pour obtenir les prêts nécessaires afin d’affronter la situation économique internationale de l’époque. Depuis, l’Algérie a mis en place une réserve de devises en dollars, pour se mettre à l’abri d’éventuelles pressions conjoncturelles.

Cela consiste à affecter une part du montant des ventes de ses hydrocarbures à une réserve de prudence en devises, calculée de la manière suivante :

En début d’année, était déterminé un prix des hydrocarbures (moyenne des prix les plus bas des années précédentes) pour couvrir les charges budgétées de l’année que nous désignons par la lettre (A)

Moyenne du prix de vente effectif de l’année que nous désignons par la lettre (B)

L’équation :

Montant total des ventes en devises de l’année (B)

  • Montant des ventes totales budgétées (A)

Affectation de la différence à la fameuse réserve de prudence.

Bon an mal an, cette cagnotte a atteint au plus haut 256 milliards $ et la dernière en date à 82 milliards $, ce qui constitue une manne non négligeable en période de vache maigre

Pour le sacro-saint prisme de l’économie libérale, selon les recommandations de la Banque mondiale, il était préconisé, à tout le moins pour la partie des subventions alimentaire, d’exclure les familles aisées. Cependant, la mise en place d’une telle restriction s’avérait techniquement compliquée.

Par ailleurs, la devise de la république algérienne stipule « par le peuple et pour le peuple », ce qui remettrait en cause la privation d’une partie de la population fusse-elle la plus aisée.

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L’Algérie et ses immigrès, décidément

Un de mes lecteurs, un vieil Algérien résidant en France, en attendant tout ce brouhaha politico-médiatique à propos de l’Algérie, me confia, la moustache tremblante :

Assieds-toi, car ça va être long, me dit-il avant de commencer.

  • Je ne comprends plus les Français d’aujourd’hui. De mon temps, quand on parlait d’un Algérien, on lui demandait sympathiquement pourquoi il ne buvait pas d’alcool, pourquoi il égorgeait le mouton de l’Aïd ou pourquoi on lui coupait un bout du zizi.
  • Il répondait fièrement : l’alcool, ce n’est pas bien pour la santé et ça fait faire des bêtises, on égorge le mouton en reconnaissance du sacrifice de notre ancêtre Abraham et le zizi, c’est une question d’hygiène, d’ailleurs du temps de Jésus, les chrétiens se coupaient aussi un bout du zizi.
  • En politique, le grand Charles et ses collaborateurs avaient le sens des mots, ils respectaient poliment leurs adversaires, leurs positions face aux problèmes étaient justes et équilibrées.
  • Cela m’écœure de voir ces charlatans politiciens d’aujourd’hui, prêts à vendre leur âme et leur honneur pour un avantage politique de leur parti, auquel, trop souvent, ses dirigeants adhèrent plus par intérêt et ascension personnels que par idéologie et leur flexibilité à aller d’un parti à l’autre le prouve bien d’ailleurs.
  • Ce n’est pas seulement le bourreau de la guerre d’Algérie qui est devenu célèbre grâce à sa phrase « un détail de l’histoire » qui a fondé un parti d’extrême droite avec les partisans de l’Algérie française et les membres de l’OAS, une organisation criminelle en Algérie qui n’a épargné ni les Français ni les Algériens. Son parti excelle dans le racisme. Ses héritiers et leurs concurrents, encore plus virulents, sèment aujourd’hui la discorde entre les Français de souche ou d’adoption et propagent des idées sciemment trompeuses.
  • Je vais vous faire un compte moi aussi, contrairement à ceux que claironnent ces partis de l’extrême droite, de la droite et alliés à propos de l’Algérie.

Mohamed, commença à me citer des chiffres aussi précis qu’un comptable, que je reprends ci-dessous :

875 MILLIONS € de remise consentie à la France sur la vente du gaz algérien chaque année.

Je déduis -140 MILLIONS de l’aide au développement que verse la France à l’Algérie.

Je déduis – 150 MILLIONS € pour payer les frais de soins d’environ 2 000 algériens par an qui se soignent en France.

ZÉRO FRAIS pour les RSA, les allocations et autres aides sociales, largement payés par les prélèvements sociaux sur les salaires des Algériens qui travaillent en France.

Il reste donc 585 MILLIONS € en faveur de la France, mais que l’Algérie perd chaque année.

Vous allez me dire, la France n’a qu’à acheter son gaz ailleurs, sauf qu’elle perdra les 875 millions € et payera encore plus cher son gaz alors que l’Algérie gagnera ces 875 millions et vendra son gaz à un prix plus favorable sur un marché porteur.

Citons maintenant les pressions préconisées contre l’Algérie aussi incongrues qu’insensées :

  1. Suppression des visas pour les Algériens :

Les Algériens ont des relations cordiales et apaisées avec l’Italie et l’Espagne qui leur délivre deux fois plus de visas Schengen leur permettant de visiter leurs familles en France. La France ne peut s’opposer au risque de contrevenir aux accords de l’Union européenne.

  • Saisir les biens et avoirs des Algériens en France

D’abord, cette procédure est régie par le droit international. La France ne peut donc pas la faire à sa guise, même si l’Algérie peut à son tour saisir les biens et avoirs des 600 entreprises françaises implantées en Algérie.

  • Suspendre les transferts d’argent des travailleurs algériens :

La France aura du mal à justifier cette décision au regard du droit international. D’autant plus que les salariés algériens rigoleraient sournoisement, car le reste de leur salaire, lorsqu’ils partent régulièrement au pays, est dépensé en cadeaux pour leur famille.

Comparativement, les Algériens transfèrent moins de 1 milliard € alors que les Marocains en sont à 11 milliards. De surcroît, comme dit l’adage « Les ennemis de nos ennemis sont nos amis », le Maroc étant injustement ennemi de l’Algérie, faire un sale coup à ses amis n’est pas saint.

  • Les voyages sans visa des dirigeants algériens

Dérogation accordée aux dirigeants algériens en 2013 compensée par des avantages accordés par eux-mêmes à la France.

Cela est effectivement possible au risque d’envenimer encore plus les relations franco-algériennes, s’agissant de personnes décisionnaires dans la sphère du pouvoir.

  • Un jeu de boomerang Franco-Algérien qui empeste les relations :

La France reproche à l’Algérie d’exploiter, pour des raisons de politique intérieure, l’histoire mémorielle de la colonisation. À son tour, l’Algérie critique la France d’instrumentaliser une algérophobie à des fins de politique intérieure. Elle cherche à minimiser la sympathie envers l’extrême droite, qui compte une importante communauté de Français d’Algérie, de harkis et de leur descendance, ainsi que des familles touchées de près ou de loin pendant la guerre d’Algérie, telles les familles du 1,5 million de soldats qui ont participé à la guerre de l’Indépendance algérienne de 1954 à 1962.

Édito : Massine TACIR, Écrivain Essayiste

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ALGÉRIE – FRANCE, le début 2025, n’atténue pas, mais aggrave les conflits

Une abondance de critiques de toutes les sphères politiques s’enchaîne à propos de l’Algérie. Si les politiques et médias savent ce qu’ils distillent dans leurs déclarations et les avantages politiques qu’ils escomptent en tirer de cette compagne inédite, cela aurait été de bon aloi en compagne électorale; or, ce n’est précisément pas le cas.

Nous savons qu’entre les deux pays, eu égard au passé colonial douloureux, des frictions de part et d’autre n’ont cessé de se produire, pour de multiples raisons, depuis l’indépendance de l’Algérie, et ce, bien plus qu’avec les autres pays décolonisés. D’ailleurs, on relève souvent deux griefs récurrents. D’une part, la France reproche à l’Algérie d’exploiter, pour des raisons de politique intérieure, l’histoire mémorielle de la colonisation. En outre, l’Algérie critique la France pour avoir instrumentalisé l’algérophobie à des fins de politique intérieure, en cherchant à minimiser la sympathie envers l’extrême droite, qui compte une importante communauté de Français d’Algérie, de harkis et leur descendance, ainsi que des familles touchées de près ou de loin pendant la guerre d’Algérie, telles les familles des 1,5 million de soldats qui ont participé à la guerre de l’Indépendance algérienne de 1954 à 1962.

Dans les sources de conflits principalement évoquées par la France contre l’Algérie, l’on trouve pêle-mêle l’histoire mémorielle de la colonisation, les accords d’Évian relatifs à la présence des Algériens sur le territoire Français, le problème des écrivains algériens et tout dernièrement le problématique cas des influenceurs algériens sur les réseaux sociaux.

À mon avis, de part et d’autre, cette « ratatouille » diplomatique cache des objectifs inavoués d’ordre économique, géostratégique et d’influence sur le Maghreb et le continent africain. La France, en perte de vitesse sur son empire colonial qu’elle perçoit toujours avec nostalgie, et une Algérie de plus en plus mature qui gagne subrepticement de l’influence dans nombre de pays qui était le précarré inviolable de la France.

Et le plus étrange, c’est que ce type de conflit, dans la majorité des cas, entre États, se règle discrètement par des ballets diplomatiques entre les belligérants.

Essayons de décortiquer les prétextes « parapluie » de la France, repris par l’ensemble des politiciens et médias, comme par consensus, contre l’Algérie et les répliques argumentaires de cette dernière :

  1. La reconnaissance de l’autonomie du Sahara occidental au Maroc :

Malgré les controverses qu’entretient le Maroc à l’égard de l’Algérie, la position de cette dernière sur le dossier du Sahara occidental n’est nullement équivoque, à savoir :

  • L’Algérie se réfère aux résolutions de l’ONU qui prévoient l’autodétermination du peuple sahraoui ; en l’espèce, un droit légitimement reconnu par l’instance internationale légalement compétente.
  • L’Algérie accueille sur son territoire les réfugiés sahraouis en vertu de la protection des populations en période de guerre, préconisée par l’ONU et le Comité international des réfugiés que doivent assurer les pays voisins des belligérants.
  • La prétention présumée de l’accès à l’atlantique de l’Algérie via un Sahara occidental indépendant est un argument faux dès lors que l’Algérie dispose déjà d’un accès sur l’atlantique, par le détroit de Gibraltar, quasiment équidistant.

L’Algérie a effectivement condamné la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara espagnol par la France, d’autant qu’elle avait jusqu’ici une position conforme aux résolutions de l’ONU quant à la légitimité du droit du peuple sahraoui. Cette reconnaissance qui n’a probablement pas une implication de droit international, puisque seule l’assemblée des Nations Unies peut légiférer pour l’affiliation de ce territoire au Maroc.

Cette position française, bien que motivée davantage par des intérêts économiques, a été perçue par Alger comme une offense aux droits légitimes des Sahraouis, même si les rivalités entre les États algérien et marocain, dont la France n’arrive pas à trouver un juste équilibre, n’ont pas été écartées.

  • – La liberté d’expression et l’arrestation de l’écrivain franco-algérien BOUALEM SANSAL

Côté français, on évoque une atteinte à la liberté d’expression de l’auteur, un virulent opposant au pouvoir algérien, qui a été arrêté parce qu’il critiquait le régime depuis la France, où il venait tout juste d’obtenir la citoyenneté.

Côté algérien, cela ressemble à une vraie compagne de désinformation et de dénigrement de l’Algérie et son gouvernement. C’est surtout la mobilisation politico-médiatique en faveur de l’écrivain Boualem Sansal, dont la renommée littéraire est relative, qui interpelle les Algériens. On peut la comparer à la mobilisation mondiale en faveur de l’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne dans les années soixante-dix.

Cette approche conforte d’autant plus les Algériens lorsqu’ils s’aperçoivent que Boualem Sansal entretenait des relations amicales avec les membres et alliés de l’extrême droite française, notamment des instances juives et qu’il était en contact constant avec Monsieur Xavier Driancourt, ex-ambassadeur de France, non seulement en France, mais déjà du temps où il exerçait sa fonction à Alger.

Compte tenu du fait que la plupart des ambassadeurs de France à Alger ( Mss. BAJOLET, EMIE) ainsi que monsieur Xavier Driancourt étaient d’anciens chefs de la DGSE, le service de renseignement, et qu’ils entretenaient des liens avérés avec les opposants algériens, cela n’a fait qu’accroître la méfiance des Algériens.

Les critiques françaises se focalisent sciemment sur une arrestation au motif de ses écrits, à son retour en Algérie ; or, Boualem Sansal habite en permanence dans la périphérie d’Alger, il a toujours critiqué verbalement et par écrit le pouvoir à l’intérieur même du pays sans être inquiété pour autant.

Les raisons véritables que les Français occultent, bien qu’ils les connaissent, sont que Boualem Sansal a été arrêté pour des délits punissables par les lois algériennes, notamment l’atteinte à la souveraineté territoriale, en raison de ses déclarations dans une chaîne de l’extrême droite française. Ces lois sont, en quelque sorte, des lignes rouges à ne pas dépasser, semblables aux lois françaises relatives à la Shoah ou l’apologie du terrorisme.

c)- Les influenceurs algériens et le cas de l’un d’eux Doualemn

Le cas des influenceurs sur les réseaux sociaux, qui jouissent du droit à la liberté d’expression, même s’ils outrepassent parfois ce droit, est souvent utilisé pour servir des intérêts politiques et/ou sociaux. Toute obédience politique confondue a judicieusement profité, dans le passé comme au présent, pour contourner une loi ou en instaurer une autre, propager une opinion ou contrer une autre.

L’influenceur algérien, Doualemn, a été expulsé de France vers l’Algérie sans que la justice française ait statué sur son cas. Les autorités algériennes considèrent cela comme une violation des procédures et exigent qu’il soit renvoyé en France pour y être jugé pour des actes proportionnels à son délit. Corollairement, l’intéressé est interdit de séjour en Algérie au titre d’une précédente condamnation par la justice algérienne.

Certes, le ministre de l’Intérieur ou le préfet disposent de cette prérogative, mais dans des cas strictement encadrés par la loi.

Médias et politiciens, hormis quelques juristes, ont crié au scandale du fait que l’influenceur algérien disposait d’un passeport biométrique valable et qu’il n’était pas nécessaire d’obtenir une autorisation de l’ambassade d’Algérie pour son expulsion. Ils ont associé son cas, par ignorance ou intentionnellement, à celui d’un délinquant sous OQTF.

Ensuite, l’expulsion de cet influenceur algérien a été exercée au titre d’un texte de la nouvelle loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 qui ne correspond pas à la réalité des faits et qui stipule :

La mesure d’expulsion peut être prise lorsque la présence d’un étranger constitue une menace grave ou très grave pour l’ordre public, la sécurité publique, ou la sûreté de l’État, la décision est prise par le préfet ou, dans certains cas, par le ministre de l’Intérieur. L’expulsion est possible sans délai si l’urgence absolue est invoquée.

Or, considérer son délit de « menace grave ou très grave pour l’ordre public », au sens de cette loi, pour une habituelle menace verbale ne constitue pas une véridicité dès lors que ce type de menaces sont fréquemment proférées par les utilisateurs des réseaux sociaux sans encourir des sanctions d’une telle ampleur.

À l’inverse, caractériser faussement son délit prive l’intéressé de ses droits au titre de la même loi qui rend inexpulsable les étrangers dans son cas, à savoir :

  • Résident en situation régulière en France depuis plus de 15 ans
  • Marié à une Française et père de deux enfants également de nationalité française

Edito: Massine TACIR, Ecrivain, Essayiste

Consulter les ouvrages de l’auteur : https://www.dzbiblio.com

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Quand la première alerte mondiale de l’islamisme et du terrorisme avait commencé en Algérie.

Messieurs Kamel DAOUD et Boualem SANSAL, pour ne citer que ces écrivains algériens qui font l’actualité ces derniers temps, les deux ont connu et vécu la triste guerre civile de l’Algérie des années 90, qu’ils relatent, à leur manière, dans un grand nombre de leurs ouvrages, sur les plateaux de télévision, dans des journaux ou sur les réseaux sociaux.

Il est clair qu’ils contribuent tous deux, comme bien d’autres originaires de leur propre pays, motivés par diverses raisons, tel l’intérêt personnel, un confort matériel offert par la France, notamment l’acquisition d’une nationalité, un lieu de résidence et des finances souvent proportionnelles à leurs déclarations et écrits visant à stigmatiser l’islam, le terrorisme et leur propre nation d’origine.

Voici l’un des aspects clés que leurs partisans ont soigneusement dissimulés : ces deux auteurs ont toujours critiqué le pouvoir algérien, parfois de manière diffamatoire, tout en résidant en Algérie sans être inquiétés par les autorités jusqu’en 2016 pour Kamel DAOUD et jusqu’à la fin de l’année 2024 pour son collègue Boualem SANSAL.

Cette hostilité entretenue contre l’Algérie depuis la France, alimentée par l’extrême droite ou la droite traditionnelle, sert leurs intérêts en attisant les tensions dans les communautés qui cherchent de plus en plus à se distancer d’un passé révolu d’une Algérie française.

Le problème, particulièrement pour ces deux écrivains, dont j’approuve la qualité littéraire, c’est qu’ils ont sciemment occulté les vraies raisons de la naissance de l’islamisme et du terrorisme en Algérie pour adopter le narratif occidental alors qu’ils étaient justement les meilleurs témoins de cette tragique décennie.

Les harkis algériens de la plume, les récits qu’ils auraient dû écrire :

L’Algérie, après un peu plus de deux décennies, était sous le régime du parti unique. En février 1989, une nouvelle constitution a été adoptée. Elle instaurait un régime démocratique, autorisant un multipartisme à condition que les partis politiques ne soient pas fondés sur des critères tels que la religion, la langue, la race, le sexe, le corporatisme ou la région. Cette période a été marquée par l’émergence de nombreux partis politiques et de journaux indépendants (plus de quarante partis politiques de diverses obédiences et autant de journaux indépendants).

Parmi l’émergence de partis politiques en Algérie en 1989, l’un d’entre eux était le front islamique du salut (FIS), un parti islamiste radical financé par l’Arabie saoudite et d’autres pays arabes qui craignaient que l’instauration d’une démocratie en Algérie ne se propage dans leur propre pays.

Même si le soutien des pays arabo-musulmans aux islamistes algériens était compréhensible, étant donné leur inquiétude face à l’émergence de la démocratie en Algérie, il est regrettable que des pays occidentaux, en particulier la France, aient plutôt découragé le régime algérien à poursuivre sa démarche pour abolir cet islamisme radical naissant. Cela allait à l’encontre de leur prétention à promouvoir la démocratie dans le monde, disaient-ils.

Au cours des années 1980, l’Algérie, comme d’autres nations en développement, a connu une crise économique due à la chute des prix du pétrole et à la pression du Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir un prêt, l’obligeant à adopter des restructurations sociales et économiques drastiques.

Cela a engendré des licenciements massifs et une augmentation du chômage, en particulier chez les jeunes, ce qui a favorisé l’émergence des islamistes dès le départ.

Grâce à des manœuvres politiques et à un financement généreux fourni par l’Arabie saoudite et d’autres adeptes du salafisme djihadiste, les islamistes ont réussi à séduire les Algériens, épuisés par la crise économique, en distribuant des colis alimentaires, des soins médicaux, et même de l’argent. Ils ont mis en évidence les avantages d’un État islamique par opposition à un État républicain défaillant.

Grâce à ces actions sociales et des meetings politiques et théologiques bien orchestrés, ils finirent par obtenir une écrasante majorité électorale dans pratiquement toutes les communes algériennes lors des élections communales de 1992.

Le gouvernement algérien, conscient de l’ampleur de la vague électorale en faveur des islamistes du FIS et de ses conséquences potentielles sur sa propre survie, surtout si un changement de cap vers un État islamique était envisagé, a décidé d’annuler le deuxième tour des élections. Cette décision a déclenché une réaction virulente des islamistes, qui ont organisé des manifestations, principalement à Alger, suivi d’une persécution violente des autorités comptant de nombreux morts parmi les manifestants.

Puis, peu de temps après, les islamistes ont activé leur branche armée dormante, l’armée islamique du salut (AIS), qui sera ensuite rejointe par une autre branche plus radicale, le GIA (Groupe Islamique Armé), groupe d’obédience El Qaida du chef Ben Laden. Il est composé de 27 000 à 40 000 combattants entraînés en Afghanistan, puis infiltrés, armés et financés par l’intermédiaire de deux pays voisins de l’Algérie. Le premier craint que sa monarchie ne devienne une république, tandis que le deuxième veut étendre son leadership africain au détriment de l’Algérie.

Commence alors une guerre opposant les deux branches armées des radicaux islamistes contre l’armée nationale qui se solda par au moins 200000 tués, principalement des civils.

Trois lacunes principales des Occidentaux, et particulièrement la France, ont favorisé la naissance de cet islamisme radical se transformant en un terrorisme armé qui prendra une ampleur internationale.

La première lacune, au nom de la démocratie éternelle, la France, sous la présidence de François Mitterrand, ainsi que certains autres pays européens, ont refusé l’annulation des résultats des élections en faveur des islamistes, alors que le pouvoir algérien affirmait que ce n’était pas une violation de la démocratie, mais plutôt un mouvement d’islamistes radicaux cherchant à établir un État islamique en lieu et place des républiques non seulement en Algérie, mais par extension aux autres pays musulmans.

Le gouvernement algérien a essayé d’attirer l’attention de la France et d’autres pays occidentaux sur le danger imminent qui se profilait déjà sous le commandement du leader saoudien Ben Laden, fondateur d’El Qaida en Afghanistan, et de son prédicateur égyptien.

 D’autant plus qu’à l’époque, le Groupe islamiste armé (GIA), affilié à Al-Qaida, en opérant en Algérie, débuta la révolution islamique mondiale, pivot de cette obédience. Il avait également commencé à établir des réseaux de soutien partout dans le monde, incluant les États-Unis, la France, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suisse et des pays arabes, comme l’Arabie saoudite ou le Yémen.

Médiatiquement, le GIA édita une publication en Angleterre nommée Al-Ansar qui revendiquait ses actions violentes commises partout en Algérie. Ces mêmes communiqués sont adressés également par fax ou par appel téléphonique à la radio marocaine arabophone Medi 1 par un homme se présentant comme le chargé des « relations extérieures » du groupe.

 Selon le gouvernement algérien en place, les événements en Algérie ont fait de ce pays un premier terrain d’expérimentation pour cet islam radical djihadiste qui finira par se propager à d’autres nations, ce qui fut le cas par la suite.

La deuxième lacune, la France et les pays occidentaux ont décrété un embargo sur les armes à destination de l’Algérie au lieu de l’aider à faire face militairement à ce danger. L’Algérie s’est mise, vaille que vaille, à fabriquer ses propres armes nécessaires à sa défense pour éradiquer ce fléau sur son territoire.

La troisième lacune, pour cette mouvance islamique naissante, les Occidentaux voyaient en elle un moyen favorable de destituer les dirigeants des pays qui leur étaient hostiles, dont ils tentaient de les faire tomber sous de multiples prétextes, notamment économiques et/ou géostratégiques. Ce n’est qu’après les attentats du parking du World Trade Center en 1993, les attaques dévastatrices des tours jumelles en 2001, celles de la rue de Rennes et de Saint-Michel en France en 1995, ainsi que les attentats à la bombe de Madrid en 2004, et d’autres attaques terroristes à travers le monde, que les pays occidentaux ont réellement mesuré l’ampleur et les cibles de ce mouvement.

Finalement, l’Algérie a réussi à éradiquer le terrorisme sur son sol. Après cette décennie douloueuse, le peuple algérien a retrouvé la pratique d’un islam apaisant et paisible. Grâce à cette douloureuse expérience, il a appris à se méfier de toute tentative de déstabilisation du pays, même de la part de ses propres citoyens, manipulés par une démocratie trompeuse.

Quant au pouvoir algérien, quel que soit son dirigeant depuis, il a constitué ses propres réserves financières en prélevant systématiquement une partie de ses recettes pétrolières, pour ne plus dépendre des emprunts conditionnels du Fonds monétaire international ni de la Banque mondiale.

De plus, l’embargo sur les armes imposé par l’Occident alors que l’Algérie en avait vraiment besoin pour combattre le terrorisme a été un déclic fondamental. Cela a incité l’Algérie à se doter de véritables usines de fabrication d’armes, des plus simples, comme les fusils, les canons, les roquettes, les blindés et leurs respectives munitions, les bateaux de guerre, tels les corvettes Djebel Chenoua, les vedettes, les patrouilleurs et remorqueurs, les satellites d’observation, de la série Alsat, le satellite de communication Alcomsat-1, jusqu’aux plus sophistiqués, comme les drones militaires, dont le fameux drone Al DJAZAIR, reconnu comme l’un des dix drones militaires les plus performants au monde par le prestigieux site américain Army Technology.

Extraits du livre de l’auteur Med Kamel Yahiaoui, à paraitre au mois de février 2025.

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Le pétrole ou le gaz africain aux africains

Le géant algérien des hydrocarbures, la société algérienne SONATRACH, première par sa taille et unique par ses multicompétences dans ses domaines en Afrique, qui agissait jusqu’alors en dehors des projecteurs médiatiques, ne cache plus ses ambitions de « redonner à César ce qui appartient à César ».

 En gros, faire en sorte que le gaz ou le pétrole africain profite aux africains propriétaires de leurs richesses et non plus aux majors des hydrocarbures mondiaux qui spolient jusqu’à récemment, les pays du sahel et de l’Afrique en général.

La politique de l’Algérie, dans grand nombre de domaines, a toujours agi en totale discrétion, d’abord par la crainte des convoitises des puissances étrangères, mais aussi par sa culture du secret héritée probablement lors de la révolution pour son indépendance.

Qui sait par exemple, que cette société algérienne d’hydrocarbure, grâce à ses 49 filiales à l’étranger, opère dans la recherche, l’exploration et l’exploitation de centaines de puits de pétrole et de gaz ainsi que l’assistance, le conseil et la coopération technique dans une quinzaine de pays parmi lesquels la Tunisie, la Libye, la Mauritanie, le Mozambique, l’Angola, le Nigéria, le Niger, le Pérou, Oman et le Koweït entres autre.

En quoi faisant ?

Les majors, lorsqu’elles prennent des concessions de puits de pétrole et de gaz auprès des pays africains, se réalisent souvent sous le diktat de la loi du plus fort, à savoir : 80% des richesses générées vont aux majors contre seulement 20 à 25% de royalties quand ce n’est pas moins aux propriétaires africains.

L’approche de la SONATRACH est diamétralement opposée, les Africains doivent bénéficier de la totalité des revenus de leur richesse, être formés par leurs paires africains qui en détienent la compétence, pour que, après les découvertes, ils exploitent eux-mêmes leurs infrastructures pétrolières et gazières.

Des contrats d’exploration, d’exploitation ou d’assistance avec des pays en Afrique sont déjà en cours, d’autres suivront à l’issue de la fin des contrats de concession avec les majors pour recouvrer le fruit de leur bien.

Une autre société algérienne, la mastodonte SONALGAZ, spécialisée dans la production et la distribution de l’électricité s’active également pour contribuer à l’électrification des pays limitrophes du Sahel ainsi qu’un apport additionnel d’énergie électrique à l’Italie et l’Espagne, via ses pipe-lines existants

L’Algérie produit actuellement un important excédent d’énergie électrique dont elle exporte une partie vers la Tunisie, le Maroc (suspendu) et l’Europe.

Cette production d’énergie sera encore plus importante conséquemment aux importants investissements envisagés dans l’énergie renouvelable.

Edito : Massine TACIR

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ALGERIE, droite et extrême droite en avant toute!

C’est vrai, qu’en cette période d’élections Européennes de juin 2024, la demande de l’Algérie de la restitution d’objets historiques a été une aubaine pour ces deux tendances politiques, mais pas que.

D’une simple demande au demeurant classique et équitablement débattue par une commission Franco-Algérienne désignée par les deux pays, nous voyons ressurgir soudain dans les débats, meetings, télévisions, radios et journaux des oppositions catégoriques sans rapport avec le fond de cette demande de restitution.

Ainsi, chacun va de son ingéniosité à faire revivre les slogans pertinents, fussent-ils fallacieux, pour peu qu’ils puissent racoler quelques voix électorales supplémentaires.

C’est qu’en France, évoquer le simple nom de l’Algérie est en soi, un sujet qui mène forcément à controverse.

Allez savoir pourquoi, le monde a oublié les horribles guerres de 14-18 et celle de 39-44 qui se sont soldées de pas moins de130 millions de morts, l’Afrique du Sud a oublié les années de l’apartheid et s’est réconcilié avec ses oppresseurs, sauf qu’en France, l’ancienne Algérie Française reste, chez un grand nombre et pas que chez les Français d’Algérie, une source inépuisable chez nos politiciens, comme pour agrémenter avec une épice, la saveur d’un plat électoral.

De quoi s’agit-il au juste, dans le cadre de l’histoire mémorielle entre l’Algérie et la France, une commission franco-algérienne a été mise en place sous la direction de Benjamin STORA et un homologue Algérien, tous deux historiens assistés d’une dizaine de membres des deux états, suite à une initiative du président M. Macron, en 2022.

Il y a quelques jours, l’Algérie a donc demandé la restitution d’objets inhérente à la colonisation française de 1830, dont :

  • 576 crânes des résistants algériens dont seulement 24 ont été restitués entre-temps.
  • Le canon algérien Boumerzoug, exposé à l’académie militaire des Invalides
  • Les missives, le sabre, le burnous et le Coran ayant appartenu à l’Émir Abdelkader, chef emblématique de la résistance Algérienne, biens exposés dans différents musées français.
  • La clé et l’étendard de Laghouat, ville du sud-ouest algérien ainsi que les biens d’autres chefs de la résistance, à l’instar de la tente d’Ahmed Bey.
  • Les archives numérisées de la période coloniale de 1830 à 1962
  • Les biens de souveraineté datant d’avant et après 1830.

Tous ces biens ont une valeur mémorielle symbolique pour l’histoire de l’Algérie et n’affectent en rien ni financièrement ni autre préjudice quelconque pour la France en restituant ces biens historiques à l’Algérie.

Pire garder des crânes humains d’Algériens dans des musées français comme un trophée, inspire plutôt une connotation macabre pour une France du 21e siècle.

Tous les pays colonisateurs ou pays en guerre, à la fin des hostilités, ont restitué ce type de biens voire même quelquefois des indemnisations financières conséquences.

Pas étonnant, encore aujourd’hui, en France, que nous entendions, au sein même l’Assemblée Nationale, les adeptes de l’ex-empire colonial, claironner les bienfaits de la colonisation, alors que de l’autre côté de la Méditerranée, les Algériens affichent tristement des tableaux aux textes explicitement contraires :

Tableau 1, Jules FERRY :

« Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai, il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures ». Jules FERRY

Tableau 2, Ernest RENAN

« La conquête d’un pays de race inférieure, par une race supérieure, qui s’y établit pour le gouverner, n’a rien de choquant… La nature a fait une race d’ouvriers ; c’est la race chinoise, d’une dextérité de main merveilleuse, sans presque aucun sentiment de l’honneur… ; une race de travailleurs de la terre, c’est le nègre… Une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne. » Ernest RENAN 1 871

Tableau 3, général MONTIGNAC

« Toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe : l’herbe ne doit plus pousser où l’armée française a mis le pied, voilà comment il faut faire la guerre aux Arabes : tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger les bâtiments, les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs. En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens ». Général Montignac

Tableau 5, maréchal BUGEAUX

« Le but n’est pas de courir après les Arabes, ce qui est fort inutile ; il est d’empêcher les Arabes de semer, de récolter, de pâturer, de jouir de leurs champs. Allez tous les ans leur brûler leurs récoltes ou bien exterminez-les jusqu’au dernier. Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavignac aux Sbéhas ! Fumez-les à outrance comme des renards ». Le Maréchal BUGEAUX.

Tableau 6, SAVARY, duc de Ravigo

« Des têtes ! Apportez des têtes, des têtes, bouchez les conduites d’eau crevées avec la tête du premier Bédouin que vous trouverez ! » Savary, duc de Ravigo

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MAGHREB, une UMA régénérée ou une dissension de plus.

L’Algérie, la Tunisie et la Lybie signent un nouvel accord de coopération, tout en laissant la porte ouverte à la Mauritanie et le Maroc non-signataires de ce projet qui tente de régénérer la veuve UMA née en 1989, tombée malade en 1994 et morte depuis, suite à un coma de plusieurs années.

Cependant, au lieu de se focaliser sur l’intérêt de cette initiative et espérer le ralliement des deux autres membres de l’ex UMA, le sempiternel conflit du Sahara occidental avec le Maroc ressurgit aussitôt avec, comme d’habitude, la mise en accusation de l’Algérie qui est supposée vouloir nuire aux intérêts et à « l’intégrité territoriale » de son voisin marocain.

Notons d’abord, que lors de la création l’Union du Maghreb Arabe ( UMA) en 1989, le problème du Sahara occidental existait déjà, cela n’a pas empêché la création de cette union et que, si le Maroc fait de cette annexion son cheval de bataille contre l’Algérie, les quatre autres pays du Maghreb contestent aussi cet irrédentisme marocain.

La Tunisie et la Mauritanie et pas seulement l’Algérie, ont eu des conflits avec le Maroc précisément à propos du Sahara occidental et aucun ne lui reconnaît une quelconque légitimité de cette occupation.

Le problème fondamental pour lequel le Maroc passe pour un trublion à l’égard de ses voisins ; c’est son inconstance politique et son opportunisme démesuré face aux intérêts et la sécurité de ses voisins ; son inconstance et son opportunisme sont également ressentis par d’autres pays et pas les moindres, comme les rejets de son adhésion aux organisations économiques africaines tels la CEDEAO, CEEAC, CEADC, COMESA ainsi que celles auprès Conseil de Coopération du Golfe et la CE.

Son action en Afrique est également décriée, le label de « Sociétés marocaines » alors qu’elles appartiennent aux étrangers implantés au Maroc est légendaire comme « Maroc Télécoms » qui appartient majoritairement à l’opérateur Émirati et seulement 22 % à l’État Marocain. On peut multiplier cet exemple à l’infini hormis quelques sociétés du roi et son entourage comme « Managem » spécialisée dans l’exploitation minière, qui appartenant à 82 % au roi.

Un exemple qui illustre le point de vue de ces voisins d’Algérie, de Tunisie ou de la Lybie qui disent : « À quoi bon importer des voitures de l’usine Renault du Maroc, alors que nous pouvons les acheter directement au constructeur en France, idem pour les produits fabriqués au Maroc par les sociétés étrangères ».

Et enfin, ses voisins n’aiment pas trop ses alignements systématiques et intéressés dans l’arène politique mondiale (approbation et aval des guerres contre la Lybie de Sarkozy, les guerres contre l’Afghanistan, l’Irak et la Syrie des USA), ses accointances avec des rois du Golfe supposés à l’origine de certains troubles dans la région, ainsi que sa récente relation incestueuse avec l’État d’Israël.

Edito : Massine Tacir

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Algérie Maghreb

ALGERIE

Un exemple qui doit inciter le pouvoir algérien à changer de mode économique.

Sclérosé par les théories Keynesiennes pour chapoter et générer les investissements publics, il est cependant plus que nécessaire aujourd’hui, d ‘encourager les investissements du secteur privé algérien, qui dispose , et à déjà démontré ,sa capacité à produire et promouvoir l’économie du pays.

En corrolaire, et hormis les secteurs économiques vitaux pour lesquels l’état peut rester actionnaire  ou actionnaire majoritaire selon la règle des 49/51%, il faudrait assouplir les conditions de co-entreprises en association avec les capitaux étrangers et les secteurs prioritairement privés pour lever les clivages des investissements étrangers et favoriser le transfert technologique.

Mais, le pouvoir en serait il capable de rompre avec la sacro-sainte indépendance économique qui, de nos jours avec l’interdépendance mondiale, devient obsolète.

Par Massine Tacir

Pour une valeur de 50 millions de dollars/ Des téléviseurs et des smartphones made in Algéria exportés vers l’Espagne

C’est une première ! Le made in Algéria s’exporte, désormais, vers l’Europe. Pas moins de 250 mille smartphones, tablettes et téléviseurs fabriqués par l’entreprise algérienne Stream System, appartenant à Bomare Compagny, seront exportés sur cinq ans vers l’Espagne où ils seront commercialisés dans plusieurs hyper-marchés et grandes surfaces par le distributeur Blue Vision. 

Le coup d’envoi de cette opération d’exportation a été donné, ce dimanche, par Ali Boumediene, directeur général de Bomare Company, lors de la signature officielle du partenariat avec l’opérateur espagnol Blue Vision. La cérémonie de signature s’est déroulé au sein des unités de production de Stream System à Birtouta, dans la banlieue d’Alger.

“Tout a commencé pour nous après avoir participé à une foire internationale en Allemagne. Le client espagnol s’est intéressé à nos produits. Une délégation s’est déplacée dans nos usines pour faire un audit. Et après avoir été satisfait par notre travail, une première commande a été effectuée”, raconte sur un ton fier Ali Boumediene, selon lequel 60 % des 250 mille pièces exportés vers l’Espagne sont des téléviseurs. Quant aux 40 % restant, ce sont des smartphones et tablettes.

Grâce à ce contrat, le fabricant algérien empoche pas moins de 50 millions de dollars. Un succès qui renforce la détermination des managers de Stream System dans leur quête de nouveaux marchés à l’étranger. “Le made in Algéria peut s’imposer à l’étranger. Il suffit d’y croire et de travailler. Nous visons avec notre partenaire d’écouler nos produits au Portugal et nous sommes en discussion avec un client français pour conclure un contrat en septembre prochain”, explique Ali Boumediene qui demande aux autorités algériennes de faciliter la tâche des exportateurs. “Beaucoup de choses ont changé. Aujourd’hui, au lieu d’attendre trois à quatre semaines, il est possible d’exporter nos produits vers l’Espagne en 16 à 18 heures. Mais nous avons encore besoin que les autorités nous soutiennent lorsqu’on rapatrie nos devises de l’étranger. Les banques nous prennent encore un pourcentage élevé.

Bomare espagna<img class= »size-full wp-image-138889 aligncenter » src= »http://www.algerie-focus.com/wp-content/uploads/2016/05/Bomare-espagna.jpg » alt= »Bomare espagna » width= »820″ height= »547″ />

Il est important  aussi que le fret maritime et aérien se développe dans notre pays pour disposer de la base logistique nécessaire au transport de nos marchandises”, explique le premier responsable de Stream System, selon lequel un autre marché important se propose à lui au Niger, mais le coût élevé du fret estimé à 2500 dollars le container empêche cette opération d’exportation.

Quoi qu’il en soit et en dépit des difficultés, Stream System a réussi le pari de conquérir un marché européen. Et la marque algérienne n’est pas prête de s’arrêter en si bon chemin…

Source : http://www.algerie-focus.com/2016/05/valeur-de-50-millions-de-dollarsdes-televiseurs-smartphones-made-in-algerie-exportes-vers-lespagne/